Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/34

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COMME.VTAIRE.

f[_ Comment Alcrlia dijl au roy Artus que il aurait beaucoup daffaires contre jes ennemys.

PRES plufleurs mcrueilles fai<ites par Mer- lin, a la louengc & auprouffitdu roy Artus, iMerliii dift. Trcfchier et magnanime prince vueillcz fcauoir que vous aurez beaucoup daffaires contre voz ennemys. Parquoy fil vous plaift ie y vculx remédier, puis que fuis a voftre feruice, car toufiours ny pourray eftre, car ie feray trompe & détenu par femmes, mais foycz certain que tant que feray en mon libéral arbitre ie vous garderay de la main de voz ennemys. Atant parla le roy a Merlin et luy dift. Dea Merlin neft il poffible de euiter ce péril pour tout mon royaulme, non pas dift.Merlin pour tout le monde. Adonc dift le Roy que il fîft ce que il luy plairoit, et quil nefpargne riens de fou Royaulme. Alors Merlin mercia le rcry de loffre quil luy fcùfoit. Luy qui fcauoit toutes chofes, C’eft a fcauoir le temps pafle par fes ars, et le temps a venir par le vouloir de dieu. Ledit Merlin print congie du bon Roy, & fe fift porter a la plus haulte montaigne de orient, et porta vne ampoUe du fang de Lancelot quil auoit recueillie de fes playes après que il auoit tournoyé ou combatu contre aulcun cheuallier. Oultre plus porta la rongncure des ongles des doibs de la belle genieure efpoufe du roy.Artus, qui pefoyent l’eftimation de.x. liures. Merlin eftant i la montaigne fur le hault dicelle fift vne enclume dacier grofTe comme vne tour, et les marteaulx conuenables iufques au nombre de troys, Lefquelz par fes ars il fift que ilz frappoyent fi impetueufcment fur lenclume que il fembloit que fe fuft touldre qui defcendift du ciel, et tout par compas.