Page:Rabelais marty-laveaux 05.djvu/17

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culté de Montpellier ; Salmon Macrin, son ami, emploie, en parlant de lui, la même épithète, et se plaît à rappeler que les beaux noyers de Loudun, sa ville natale, ne sont pas fort éloignés de Chinon. Enfin Brantôme, contemporain de notre auteur[1], dit que le proverbe « la ville de Chinon, petite ville et chasteau de grand renom », se trouverait justifié « quand ce ne seroit que nostre bon maistre Rabelais a esté natif de là[2] ».

On sait même dans quelle maison de Chinon Rabelais dut naître. Cette maison existe encore, et une tradition ininterrompue ne permet pas de la confondre avec aucune autre. Le président Jacques de Thou la désigne dans ses Mémoires. Il raconte qu’avant que le roi (Henri IV) vînt en Anjou, il s’était rendu lui-même à Chinon avec son ami Calignon. Il était logé « dans une grande maison qui autrefois avoit appartenu à François Rabelais… La mémoire d’un homme si agréable, qui avoit employé toute sa vie et toutes ses études à inspirer la joye, donna lieu au président de Thou et à Calignon de plaisanter avec ses mânes, sur ce que sa maison étoit devenue une Hostellerie où l’on faisoit une débauche continuelle ;

  1. Du moins Brantôme, né vers 1540, avait déjà treize ans à la mort de Rabelais.
  2. Ce lieu de naissance incontestable a été toutefois contesté, mais, quand les divergences tombent sur des points aussi certains, elles ne méritent pas qu’on s’y arrête.