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NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR RABELAIS XV

courant de l’ouvrage, Tiraqueau nous fait très ingénieu- sement connaître ce qu’il doit à la perspicacité et à l’éru- dition de « son cher Rabelais, frère franciscain très sa- vant dans l’une et l’autre langue » (c’est-à-dire en grec et en latin ; le français ne comptait pas encore aux yeux de ces savants hommes.) Rapportant ensuite un passage du premier livre d’Hérodote, Tiraqueau remarque qu’il est omis dans la traduction latine de Laurent Valla : « Mais, ajoute-t-il, François Rabelais, frère mineur, homme très habile dans les deux langues et en toute espèce de doc- trine au-dessus de ce que comporte son âge et la cou- tume, pour ne pas dire le trop grand scrupule de son ordre, a traduit fort élégamment ce livre dans son inté- grité 1. »

Ainsi que Tiraqueau en témoigne, l’ordre des Francis- cains favorisait peu l’étude, et surtout celle du grec. Rabelais, se flattant que son amour du savoir lui serait plus facilement pardonné chez les Bénédictins, sollicita et obtint du pape Clément VII (dont l’avènement se place en ip}), l’autorisation de passer dans le couvent de cet ordre, à Maillezais. L’abbaye avait été érigée en évêché en 13 17, et avait rang d’église-cathédrale. Mail- lezais est à quatre ou cinq lieues seulement de Fontenay- le-Comte. Rabelais, en s’y transportant, restait au centre de ses relations et de ses amitiés. Ce fut probable- ment Geoffroy d’Estissac, évêque de Maillezais, qui négc-

1 Voir, à propos de ce texte, ci-dessus, p. iv.