Page:Racan Tome I.djvu/233

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Vous sçavez bien que la splendeur
De cette orgueilleuse grandeur
Où l’espoir des autres se fonde
N’est point ce que j’ay desiré,
Et que j’ay toulours preferé

Vos faveurs à celles du monde.

Enflé de cette belle audace,
À peine sçavois-je marcher
Que j’osai vous aller chercher
Au plus haut sommet de Parnasse.
Apollon m’ouvrit ses tresors,
Et vous me jurastes dèslors,
Par vos sciences immortelles,
Que mes escris verroient le jour,
Et tant qu’on parleroit d’amour
Vivroient en la bouche des belles.

Toutefois, mes cheres compagnes,
Ces esperances m’ont failly :
Balzac tout seul a recueilly
Ce qu’on cherche dans vos montagnes.
C’est en vain que tous ses rivaux
Esperent par leurs longs travaux
En vostre éternelle richesse ;
Luy seul la possede aujourd’huy,
Et faut que le tienne de luy
Les effets de vostre promesse.

Lors que la nuit étend ses voiles,
On y remarque des flambeaux
Qui semblent plus grands et plus beaux


l’une, dit-il, étant la correction de l’autre. Nous avons jugé, en effet, qu’il convenoit de rapprocher les deux versions, pour que le lecteur pût les comparer plus aisément, et se reporter à une lettre que Racan écrit à ce sujet et que nous insérons dans cette édition.