Page:Racan Tome I.djvu/241

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Celuy qui sur les eaux va tenter la fortune,
—————Le calme de Neptune
L’assure pour un temps de l’empire du sort ;
Mais à la fin les flots, en écumant leur rage,
—————S’enflent d’un tel orage
Qu’ils luy font regretter les délices du port.

Ainsi ce dieu, qui porte une éternelle envie
—————À l’heur de nostre vie,
Traverse à tous les coups l’espoir des plus contens ;
Sa bonace infidelle abuse tout le monde,
—————Et souvent dans son onde
Les jours les plus sereins sont les plus inconstans.

Je sçai combien d’orage et combien de tempeste
—————Sa cruauté m’apreste,
Et combien mon dessein sera laborieux ;
Mais aux braves efforts d’un courage invincible
—————Il n’est rien d’impossible :
Les pénibles conseils sont les plus glorieux.


ODE.

Saison des fleurs et des plaisirs,
Beau temps parfumé de zephirs,
Espoir d’une fertile année,


autres strophes sont adressées directement au Loir ; mais le mouvement qui marque le début de celle-ci, et surtout le dernier vers :

Dans ce fleuve que dans mes pleurs,

indiquent clairement qu’ici le poète se parle à lui-même ; et, quant à la leçon de l’autre recueil, outre que ses flots est plus poétique, il est peu probable que Racan, dans la même strophe, et parlant du même fleuve, ait employé deux fois le même pronom démonstratif.