Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/253

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


7. Louise de Sainte-Justine Barat.

Ces pauvres filles furent tourmentées cruellement, non seulement par les religieuses chez lesquelles elles furent exilées, mais encore par les évêques des diocèses, qui se faisaient une gloire et un mérite de persécuter et de séduire ces innocentes victimes de la sincérité chrétienne ; par les grands-vicaires, les confesseurs, qui croyaient que c’était pour eux un moyen de faire fortune…

Telle fut la situation des religieuses de Port-Royal pendant plus de six ans ; après lesquels, Louis XIV étant mort, elles eurent la liberté de revenir dans des monastères du diocèse de Paris, où elles édifièrent beaucoup, et y furent traitées avec douceur et charité. Toutes ne revinrent point : il en était mort quelques-unes, d’autres ne profitèrent point de la liberté qu’on leur offrait.

1710. — Arrêt du Conseil d’État du 22 janvier, pour démolir Port-Royal-des-Champs. Les ennemis de cette sainte maison n’étant pas encore satisfaits, ils sollicitent et obtiennent, la même année, un autre arrêt du Conseil pour exhumer tous les corps, ce qu’ils exécutent avec une barbarie qui n’a point d’exemple, si ce n’est dans le royaume du Maroc. Enfin l’église même ne fut pas épargnée…