Page:Racine - Les Plaideurs, Barbin, 1669.djvu/88

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L’INTIMÉ

Quand je vois le Japon… Quand aura-t-il tout vu ?

PETIT JEAN

Oh ! pourquoi celui-là m’a-t-il interrompu ?
Je ne dirai plus rien.

DANDIN

Je ne dirai plus rien. Avocat incommode,
Que ne lui laiſſiez-vous finir ſa période ?
Je ſuais ſang & eau, pour voir ſi du Japon
Il viendrait à bon port au fait de ſon chapon ;
Et vous l’interrompez par un diſcours frivole.
Parlez donc, avocat.

PETIT JEAN

Parlez donc, avocat. J’ai perdu la parole.

LÉANDRE

Achève, Petit Jean : c’eſt fort bien débuté.
Mais que font là tes bras pendants à ton côté ?
Te voilà ſur tes pieds droit comme une ſtatue.
Dégourdis-toi. Courage ! allons, qu’on s’évertue.

PETIT JEAN remuant les bras.

Quand… je vois… Quand… je vois…

LÉANDRE

Quand… je vois… Quand… je vois… Dis donc ce que tu vois.

PETIT JEAN

Oh ! dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois.

LE SOUFFLEUR

On lit…

PETIT JEAN

On lit… On lit…

LE SOUFFLEUR

On lit… On lit… Dans la…

PETIT JEAN

On lit… On lit… Dans la… Dans la…

LE SOUFFLEUR

On lit… On lit… Dans la… Dans la… Métamorphoſe…

PETIT JEAN

Comment ?

LE SOUFFLEUR

Comment ? Que la métem…

PETIT JEAN

Comment ? Que la métem… Que la métem…

LE SOUFFLEUR

Comment ? Que la métem… Que la métem… pſycose…

PETIT JEAN

Pſycose…