Page:Racine Théâtre Barbou 1760 tome2.djvu/176

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1^8 MITHRIDATE,

Avec qui fcmble-t-elle en fecret s'accorder ? Moi-même de quel œil dois-je ici l'aborder ? Pa,ilc. Quelque delir qui m'entraîne auprès d'elle, II me faut de leurs cœurs rendre un compte iîdèle. Qu'eft-ce qui s'cil pafle ? Qu'as-tu vu ? Que fais-tu ? Depuis quel temps, pourquoi, cornaient t'es-tu rendu?

A R JB A T E.

Seigneur, depuis huit jours, l'impatient Pharnace

Aborda le premier au pied de cette place ;

Et de votre trépas autorifant le bruit ,

Dans Ces murs auUl-tôt voulut être introduit.

Je ne m'arrêtai point à ce bruit téméraire ;

Et je n'écoutois rien , fi le prince fon frère ,

Bien moins par fes difcours, Seigneur, que par fes pleurs.

Ne m'eût , en arrivant , confirmé vos malheurs.

M I T H R I D A T E.

Enfin , que firent-ils ?

A R B A T E.

Pharnace entroît à peine , Qu'il courut de fes feux entretenir la reine j Et s'offrit d'afîurer , par un hymen prochain , Le bandeau qu'elle avoir reçu de votre riiain.

MiTHRIDATE.

Traître , fans lui donner le loifir de répandre

Les pleurs que fon amour auroit dûs à ma cendre ?

Et fon frère î

A R B A T E.

Son frère, au moins jufqu'à ce jour , Seigneur , dans fes defTeins n'a point marqué d'amour; Et toujours avec vous fon cœur d'intelligence. N'a femblé refpirer que guerre & que vengeance.

MiTHRIDATE.

Mais encor quel deflein le conduifoit ici î

A R B A T E.

Seigneur , vous en ferez tôt ou tard éclaîrcî.

MiTHRIDATE

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