Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/106

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Ils continuèrent de traverser le bois, entre les fertiles gorges des montagnes. À peine arrivés dans l’endroit où ils vouloient se rendre, tous à-la-fois firent une exclamation ; derrière eux, le roc perpendiculaire s’élevoit à une hauteur prodigieuse, et se séparoit alors en deux flèches pareillement élevées. Leurs teintes grises contrastoient avec l’émail des fleurs, qui s’épanouissoient entre leurs fentes ; les ravins sur lesquels l’œil glissoit rapidement pour se porter à la vallée, étoient eux-mêmes parsemés d’arbrisseaux ; plus bas encore, un tapis vert indiquoit des forêts de châtaigniers, au milieu desquelles on appercevoit la chaumière du pauvre pâtre. De tous côtés, les Pyrénées découvroient leurs sommets majestueux ; les uns, chargés d’immenses blocs de marbre, changeoient de nuance et d’aspect en même temps que le soleil ; d’autres, encore plus élevés, ne montroient que leurs pointes couvertes de neige, et leurs bases colossales, uniformément tapissées, se couvroient jusqu’au vallon, de pins, de mélèses et de chênes verts. Ce vallon, quoique étroit, étoit celui qui conduisoit au Roussillon ; la fraîcheur de ses pâturages, la richesse de sa culture, contrastoient étonnamment avec la gran-