Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/56

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Aubert. Agité d’insomnies cruelles, il quittoit son lit et se rendoit dans cette pièce pour tâcher d’y trouver le repos. — Quand elle fut au bas de l’escalier, elle regarda dans le cabinet ; il n’y étoit pas. — En remontant elle frappa légèrement à la porte, ne reçut point de réponse, et s’avança doucement pour savoir où il étoit.

La chambre étoit obscure ; mais, à travers la porte vitrée, on voyoit une lumière, au fond d’une pièce voisine. Emilie jugea bien que son père y devoit être ; mais, craignant qu’à cette heure il ne s’y trouvât mal, elle alloit pour s’en assurer. Considérant pourtant qu’une si subite apparition pourroit bien l’effrayer, elle laissa dehors sa lumière, et s’avança doucement vers la petite pièce. Là, elle vit son père assis devant une petite table, et parcourant plusieurs papiers, dont quelques-uns absorboient son attention et lui arrachoient des soupirs, et même des sanglots. Emilie, qui n’étoit venue à la porte que pour s’assurer de l’état de son père, fut retenue en ce moment par un mélange de curiosité et de tendresse. Elle ne pouvoit découvrir son chagrin sans désirer aussi d’en découvrir la cause. Elle continua de l’observer en silence, ne doutant point que tous ces