Page:Rambaud, Histoire des doctrines économiques, 1909.djvu/392

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émise déjà par Ricardo[1] et Robert Torrens et que lui-même avait adoptée dans ses Unsettled questions.

L’importance et la difficulté de cette question, la place considérable qu’elle tient dans les théories économiques anglaises et le peu de place, au contraire, qu’elle a eu dans les auteurs français, nous obligent à détacher ce sujet pour en faire une étude historique isolée[2].

Il serait curieux de rapprocher ce système de celui de List, que Stuart Mill, libre-échangiste, n’a discuté nulle part et auquel il n’a fait aucune allusion, malgré l’antériorité, de l’ouvrage de List. Pour lui, List n’existe pas et Carey est le seul économiste sérieux qui ait soutenu des doctrines protectionnistes.

D’ailleurs, quoiqu’il semble que les formules abstraites de Mill doivent conduire les hommes d’État à une discussion attentive des tarifs internationaux au point de vue de l’égalité de situation et d’avantages qu’il faudrait conserver, Mill ne s’en élève pas moins contre « la doctrine de la protection de l’industrie nationale », sans qu’il paraisse prendre le moindre souci des nationalités[3].

V. Théories et hypothèses de l’évolution économique. — Nous entrons ici dans le livre IV, consacré, comme nous avons vu plus haut, à la « dynamique » de l’économie politique.

Mill y pose tout d’abord en principe que « les progrès de la société tendent à nous rendre maîtres des forces naturelles et à augmenter la sécurité et la coopération[4] ».

Nous souscrivons à ce double jugement. Nous ne contestons point la grande loi de la soumission des forces naturelles, loi historique et impérative tout ensemble, loi qui, du même coup par conséquent, est une loi économique et

  1. Ricardo, Principes de l’économie politique et de l’impôt, ch. vii, édit. Guillaumin, pp. 95-96.
  2. Infra, même livre, ch. vi, pp. 397 et s.
  3. Principes, 1. V ; ch. x, § 1, t. II, pp. 485, 493 et s.
  4. L. IV, ch. i, § 2, t. II, p. 242.