Page:Rambaud, Histoire des doctrines économiques, 1909.djvu/475

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période, au moins pour la dernière partie de sa carrière, est encore un classique qui marche dans les traces de Ricardo[1]. En outre de diverses publications de circonstance, parues en 1848 et 1849 et dirigées contre le socialisme, on lui doit un Précis de la science économique et de ses principales applications (1862). C’est un libéral, sans grande originalité, de l’école utilitaire de Bentham, assez profond et assez abstrait pour avoir été du petit nombre des économistes de langue française qui ont traité de la difficile question de la valeur internationale[2].

Nous citerons rapidement M. Courcelle-Seneuil, qui avait professé longtemps l’économie politique au Chili et qui a laissé beaucoup de travaux estimés sur les questions de crédit et de banque, ainsi qu’un Traité théorique et pratique de l’économie politique (1859), un des ouvrages qui distinguent avec le plus de clarté et d’énergie la science et l’art en économie politique[3].

Nous citerons M. de Molinari (né en 1819), très longtemps directeur de la revue mensuelle le Journal des économistes, que MM. Horace Say (fils de Jean-Baptiste Say), Garnier et Guillaumin avaient fondée en 1841. M. de Molinari est un malthusien doctrinaire, ardent partisan des théories libre-échangistes et par moments aussi avocat d’un évolutionnisme moral à travers lequel les principes de la loi naturelle sont exposés à se voir enlever beaucoup trop, et cela au profit d’une théorie des finalités

  1. Cherbuliez (1797-1869) occupa à Genève la chaire de droit public qui avait été confiée à Rossi, se fixa ensuite à Paris, fut naturalisé Français et retourna en Suisse pour professer l’économie politique au Polytechnicon de Zurich.
  2. Voyez supra, p. 397. — Nous avions cité dans nos Éléments d’économie politique (2e édition, p. 507) l’explication de la rente absolue que donnait Cherbuliez (Précis de la science économique, t. I, p. 489).
  3. Courcelle-Seneuil (1813-1893), originaire de la Dordogne, fut journaliste, puis industriel en Limousin avant 1848. La République l’improvisa alors Directeur général de l’Enregistrement, poste qu’il occupa peu de temps. Ses sentiments politiques l’amenèrent ensuite à quitter la France, et ce fut dans ces conditions qu’il accepta de professer l’économie politique à l’École de Droit de Santiago du Chili. De retour en France en 1858, il fut nommé conseiller d’État en 1879.