Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/53

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


guerre, ils étoient réellement plus aguerris que les autres peuples de l’Europe.

Les Portugais avoient à-peu-près le même caractère : mais leur monarchie étoit mieux réglée que la Caſtille, & plus facile à conduire, depuis que, par la conquête des AIgarves, elle avoit été délivrée des Maures.

En France, Louis XI venoit d’abaiſſer les grands vaſſaux, de relever la magiſtrature, & de ſoumettre la nobleſſe aux loix. Le peuple François, moins dépendant de ſes ſeigneurs, devoit dans peu devenir plus induſtrieux, plus actif & plus eſtimable ; mais l’induſtrie & le commerce ne pouvoient fleurir ſubitement. Les progrès de la raiſon dévoient être lents au milieu des troubles que les grands excitoient encore, & ſous le règne d’un prince livré à la plus vile ſuperſtition. Les barons n’avoient qu’un faſte barbare. Leurs revenus ſuffiſoient à peine pour entretenir à leur ſuite une foule de gentils-hommes déſœuvrés, qui les défendoient contre les ſouverains & contre les loix. La dépenſe de leur table étoit exceſſive ; & ce luxe ſauvage, dont il reſle encore trop de veſtige, n’encourageoit aucun des