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DE L’ITALIE ET DE L’INDE.

Ce fut comme vengeur et destructeur que Jupiter combattit et renversa les Titans et les Géans, conduits par Typhon, Briarée, Titye et le reste de leurs frères, contre le dieu de l’Olympe, à qui, durant la bataille, un aigle apporta les éclairs et les foudres. Ainsi, dans un combat semblable entre Sîva et les Daityas, ou enfans de Diti, qui se révoltoient souvent contre le ciel, on croit que Brâhmah donna des flèches enflammées au dieu de la destruction. L’un des nombreux poèmes intitulés Râmâyan (79), dont le dernier livre a été traduit en italien, renferme un dialogue extraordinaire entre le corbeau Bhoûchanda et un aigle raisonnable nommé Garoûda, qui est souvent représenté avec la figure d’un beau jeune homme et le corps d’un oiseau chimérique : l’un des dix-huit Pourânas porte son nom, et renferme toute son histoire. M. Sonnerat nous apprend que Vichnou est quelquefois représenté monté sur le garoûda, qu’il suppose être l’aigle de Pondichéri, de Brisson (80), d’autant plus que les Brahmanes de la côte ont une profonde vénération pour cette classe d’oiseaux, et en nourrissent des multitudes à des heures marquées. J’imagine plutôt que le garoûda est un oiseau fabuleux ; mais je pense avec lui que le dieu hindou qui le monte, ressemble au Jupiter de l’antiquité. Dans les anciens temples de Gayâ, (81), Vichnou est monté sur cet oiseau poétique, ou accompagné par lui et par un petit page : mais de peur qu’un étymologiste ne trouve Ganymède dans Garoûda, j’observerai que le mot sanskrit se prononce Garoûra. J’admets cependant qu’il paroît y avoir quelque ressemblance entre l’histoire de l’oiseau et du page célestes, telle que la racontent les Grecs et les Indiens. De même que le Jupiter olympien avoit fixé sa cour et tenoit conseil sur une montagne élevée et brillante, ainsi le séjour de Mahâdêva, que les Saivas (82) regardent comme le chef des dieux, étoit le mont Caïlâsa, des rochers duquel chaque éclat étoit une pierre précieuse d’une valeur inestimable. Ses résidences terrestres sont les montagnes neigeuses d’Himâlaya (83), ou la branche de cette chaîne qui est à l’est du Brahmâpoutra (84,), et qui s’appelle Tchandrasic’hara, ou la montagne de la Lune. Lorsqu’après toutes