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SUR LES DIEUX DE LA GRÈCE,

Dourgâtsava (92). On sait aussi qu’elle a des attributs exactement semblables à ceux de Vénus marine, produite par l’écume de la mer : sa naissance, et sa sortie brillante de la conque qui lui avoit servi de berceau, ont fourni une infinité de sujets charmans aux artistes anciens et modernes ; et il est bien remarquable que la Rembhâ, de la suite d’Indrâ, qui semble répondre à la Vénus populaire, ou déesse de la beauté, fut produite, selon les mythologues indiens, de l’écume de l’océan agité. L’identité du trisôula (93) et du trident, l’arme de Sîva et de Neptune, semble établir cette analogie ; et la vénération qu’on a dans toute l’étendue de l’Inde pour le grand buccin, sur-tout lorsqu’on le trouve avec la ligne spirale et la bouche tournée de gauche à droite, nous rappelle sur-le-champ la musique de Triton. Le génie de l’eau est Varouna ; mais, comme les autres génies, il est très inférieur à Mahêsa, et meme à Indra, qui est le prince des génies bienfaisans (94).

Cette manière d’envisager les dieux comme des substances individuelles, mais comme personnes distinctes, avec des caractères distincts, est commune au système européen et au système indien, aussi bien que l’usage de donner le plus de noms aux plus élevés en dignité. De là vint, pour ne pas répéter ce qui a été dit de Jupiter, le triple caractère de Diane, et l’objet de sa demande dans Callimaque, qui consiste à être polyonyme ou décorée de plusieurs titres. L’épouse de Sîva est plus éminemment caractérisée par ces distinctions que celles de Brâhmah ou de Vichnou ; elle ressemble à l’Isis myrionyme, à laquelle est consacré un ancien marbre décrit par Gruter : mais ses noms et ses attributs principaux, sont Parvatî, Dourgâ, Bhaydnî.

Comme déesse née sur une montagne, ou Parvatî (95), elle a plusieurs attributs de Junon olympienne ; sa contenance majestueuse, son humeur altière et ses qualités générales sont les mêmes ; et nous la trouvons accompagnant de même son époux sur le mont Cailâsa et aux banquets des dieux. Leur parallèle offre une particularité extrêmement curieuse. Pârvatî a constamment avec elle son fils Cârtiguêya* (96), qui est monté sur un paon ; et dans quelques dessins,