Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/147

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fuite de la déesse sarasvati

resse et que les averses bienfaisantes n’aient pas été, aux saisons favorables, la condition essentielle de leur existence. Plus heureux à beaucoup d’égards que les peuples de l’Asie sémitique, ils voyaient plus fréquemment les luttes grandioses des vents et des nuées, et leur mythologie s’enrichissait du spectacle de ces prodigieux combats auxquels ils apportaient une attention passionnée à cause de leurs moissons futures.

N° 237. Cours actuel de la Sarasvati.
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L’abondance en pluies tropicales, la richesse en eau que déversaient les rivières alimentées par les neiges de l’Himalaya leur avaient permis de couvrir les campagnes d’un réseau d’irrigation beaucoup plus étendu que celui qui arrose actuellement la contrée. Toute la région sableuse du Thar ou « désert » fut autrefois pays fertile et l’on y trouve, à côté des canaux oblitérés, des forêts pétrifiées, des villes encore debout, maintenant abandonnées aux bêtes sauvages. La cité de Brahmanabad est restée entière avec ses rues, ses palais, ses cours, ses bassins et réservoirs sans eau, mais il n’y a plus d’hommes pour habiter les chambres de pierre : d’après la légende, un peuple, con-