Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/19

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CHINE : NOTICE HISTORIQUE


Les plus anciens noms de princes — tels Fu-Chi et Chin-Nung, seuls vestiges que la tradition livre de l’existence de leurs peuples, — nous ramènent à environ trente siècles avant notre ère, mais la liste acceptée par tous les historiens ne débute qu’un millier d’années plus tard et énumère les empereurs groupés en dynasties, dont la 22e occupe actuellement le trône de l’Empire du Milieu.

On ne peut prétendre à l’exactitude complète pour les premières dates de l’histoire de Chine ; les divergences d’opinion sont pourtant beaucoup moindres que lorsqu’il s’agit des Pharaons ; de plus, toute incertitude est levée dès une époque contemporaine des débuts de la chronologie grecque : une éclipse décrite avec une grande netteté par les annales chinoises, et dont les phases ont été reconstituées par le calcul rétrospectif des astronomes européens, permet d’affirmer que depuis l’an 775 avant Jésus-Christ (1re Olympiade, − 776) et durant 2 680 années (jusqu’en 1905), la véracité des dates chinoises est parfaite.

Le texte donne les renseignements que l’on possède sur Naï-khun-ti, dont on rattache le nom à celui des Nakhonte de Suse ; après lui vinrent Yau, puis Chun le laboureur (vers − 2250), connus surtout par les travaux géographiques et agricoles de leur ministre Yü.

Ce même Yü, adopté par son prédécesseur, ouvre la série des empereurs classiques : sa dynastie (Hsia) occupe le trône de − 2204 à − 1766 ; les Chang lui succèdent ; puis la 3e famille (Tchéu) reste pendant plus de 800 ans au pouvoir (− 1123 à − 249) avec un interrègne de 14 années (− 841 à − 827), connu sous le nom de « Entente Pacifique ».

Peu après vécurent les trois grands philosophes chinois, contemporains d’autres penseurs grecs et hindous. Lao-tse, le « vieillard-enfant », ou Lipe-yang (− 604 à − 520), naquit dans le Honan ; le taoïsme se réclame de sa doctrine, bien qu’il n’y ressemble guère plus