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burgondes et francs

nous est familier et qu’elle ne reçut que vers le dixième siècle : six cents ans auparavant, l’eau de la mer, détruisant les anciennes colonies belgo-romaines, avait envahi les terres basses de Bruges à Dunkerque[1]. Julien permit également aux Saliens vaincus de s’établir dans les solitudes de la Toxandrie, la Campine actuelle ; mais ces nouveaux sujets de Rome avaient l’humeur instable, et quand, au commencement du Ve siècle, les légions romaines quittèrent la Belgique pour aller défendre l’Italie contre l’invasion barbare, les Francs suivirent le mouvement dans la direction du sud.

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vallée de la meuse aux environs de namur

D'après une photographie.

De nos jours, la Meuse est canalisée, une voie ferrée et deux routes la longent, mais à l’époque des mouvements des Francs, le passage était difficile au pied de ces rochers dont la double ligne s’étend sur plus de cent kilomètres, de Mézières à Liège.

La rivière séparait la forêt Charbonnière de celle des Ardennes.


Leur chemin est encore de nos jours nettement indiqué par la frontière des langues flamande et wallonne, et cette frontière elle-même était déterminée par les conditions physiques de la contrée. La forêt « Charbonnière », qui prolongeait à l’ouest la grande sylve des

  1. A. Rutot, Esquisse d’une comparaison des couches pliocènes… de la Belgique… et du sud-est de l’Angleterre, Brux. Soc. Belge de Géolog. 1903.