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l’homme et la terre. — carolingiens et normands

de la Tisza, les sept enceintes concentriques de la citadelle dans laquelle s’étaient enfermés les Avares. Enfin, du côté du sud, Charlemagne, qui menait de front les entreprises de guerre, d’administration, de législation, d’enseignement, s’empara de toute l’Italie du nord et du centre : les frontières de son empire
Musée du Louvre.Cl. Giraudon.
épée de charlemagne
ayant servi au sacre des rois de france
embrassaient la plus grande partie de la Péninsule. Au delà des limites des territoires soumis par la force des armes, de nombreux principicules, tel le doge de la Venise naissante, en 806, lui rendirent hommage.

Lorsque Charles, le jour de Noël de l’an 799, reçut des mains du pape, ou plutôt prit la couronne impériale sur les marches de l’autel de Saint-Pierre, son immense territoire était devenu limitrophe de celui de l’empire d’Orient, l’Europe chrétienne se trouvait partagée, et c’est au nouvel empire d’Occident qu’appartenait de beaucoup le premier rang en puissance : en 812, il reçut même officiellement l’investiture de son collègue bysantin. L’idée de l’empire, telle qu’elle s’était réalisée pour le monde romain, n’avait cessé de se maintenir, malgré les défaillances de l’histoire, malgré la chute de l’empire d’Occident et les vicissitudes de l’empire d’Orient ; Charlemagne reprit cette idée, non simplement par un effet de son ambition, mais parce que la société dont il faisait partie avait la même conception des choses. La forme impériale était celle que l’on imaginait devoir primer toutes les autres dans