Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/81

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centre de gravité du monde chinois

au plus près de son pays d’origine et avait à s’y maintenir en toute âpreté pour continuer la lutte contre ses ennemis les plus redoutables.

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D’après une photographie de M. A. Ular.

magasin chinois

Une autre cause devait, dans la concurrence vitale des Chinois entre eux, donner une certaine prépondérance aux populations du Nord. C’est dans le bassin du Hoang-ho que se trouve le pays de la « Terre jaune », le sol par excellence pour la production du pain. Étudiée d’une façon magistrale par Richthofen dans sa mémorable exploration de la Chine septentrionale[1], la région du Hoang-tu, « Jaune terre », comprenant presque toute la partie de la cuvette égouttée par le fleuve Jaune, à l’exception des hautes montagnes de l’ouest et des plaines alluviales de l’est, s’étend sur une superficie d’environ un million de kilomètres carrés, égale à deux fois la surface du sol français.

Cette terre meuble n’est autre chose que du lœss, d’aspect analogue à celui qui se présente en Europe dans les vallées du Danube et du

  1. Ferdinand von Richthofen, China, Berlin, 1877-1882. Ergebnisse eigener Reisen und darauf gegründeter Studien, I, pages 56 à 85.