Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/89

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tenure de la propriété

se constituaient en un corps privilégié, d’essence supérieure à la nation, et prélevaient chacun sa part sur les richesses créées par le travail de tous. L’empereur et les grands se taillèrent de très vastes domaines privés dans le champ national. Ainsi le régime des apanages entra en conflit avec celui de la propriété communale, et graduellement s’établit un ensemble de conditions économiques analogue à celui qui prévalut dans l’Europe occidentale après la chute de l’Empire romain.

D089- porte typique -liv2-ch11.jpg

D’après une photographie de M. A. Ular.

porte typique que le fidèle doit traverser avant de pouvoir pénétrer dans certains temples


Les paysans continuèrent de travailler en commun, mais la part des produits qui leur fut abandonnée n’était que la portion strictement indispensable à leur entretien ; c’est à des suzerains que revenait le plus gros de la récolte. Trente et un siècles avant l’époque actuelle, la Chine était divisée en un grand nombre de fiefs et de sous-fiefs, dont les habitants, asservis et généralement partagés en groupes de huit familles, gardaient les anciennes formes de la communauté, jalousement surveillés par leurs maîtres : en réalité, la commune, quoique opprimée et méthodiquement dépouillée, n’en persistait pas