Page:Recueil des Historiens des Gaules et de la France, tome1.djvu/68

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PRÆFATIO.

doient de pied ferme le débordement de la mer ; d’autres se jettoient dans les flots tout armés. Ils nourrissoient de poissons les bœufs et les chevaux. Ils avoient grand soin de s’empêcher de devenir gras ou ventrus ; car lorsqu’un jeune homme excédoit une certaine mesure, il étoit condamné à une amende pécuniaire. J’omets peut-être quelque chose ; mais on ne peut pas tout dire.


VII
.
Du Gouvernement des Gaules.


Les Gaules étoient divisées en Provinces, les Provinces en Cités : chaque Cité avoit sa ville principale, dont la jurisdiction s’étendoit sur les cantons qui composoient son territoire. Il y avoit des factions non-seulement dans toutes les Cités et tous les cantons, mais même presque dans chaque maison. Les Chefs de ces factions étoient ceux qui passoient pour avoir plus d’autorité : ils régloient tout, disposoient de tout, et rien ne se faisoit que par leur volonté. César croit que cela avoit été institué anciennement pour que le peuple eut un appui contre la puissance des grands. Car ces Chefs ne souffroient pas que ceux de leurs factions fussent opprimés et trompés : s’ils eussent fait autrement, ils n’auroient eu aucune autorité. Ceux qui s’attachoient à leur service, s’appelloient Ambactes, clients, dévoués, ou en langage du pays Solduries. Leur condition étoit d’avoir part à la bonne ou mauvaise fortune de ceux qu’ils servoient, et de mourir ou de se tuer avec eux, s’ils venoient à périr. César remarque que de mémoire d’homme il ne s’en étoit pas trouvé un seul qui eût manqué à ce devoir. Non-seulement les Rois avoient de ces sortes de