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LES VÉDAS

sommet d’un rocher. Cette légende est peut-être d’origine babylonienne ; Vishnu poisson rappelle le dieu babylonien Oannès.

14. Les textes appelés Védas (de vid, « savoir ») sont des recueils d’hymnes et de prières constituant un rituel de sacrifices, que l’on attribuait à d’anciens poètes divinement inspirés (les Rishis). Le plus ancien est le Rig-Véda (« Véda de la louange ») ; le plus récent est l’Atharvavêda (du nom d’une famille mythique de prêtres, les Atharvans). Dans ce recueil, la magie tient une grande place ; mais la substance en était déjà familière aux poètes du Rig. La première rédaction des Védas se place approximativement entre 1500 et 1000 avant notre ère. Ils ont été composés pour les envahisseurs aryens, encore dans le nord-ouest de l’Inde, mais déjà en mouvement vers la vallée du Gange, malgré la résistance des indigènes auxquels ils font la guerre. La civilisation dont ils témoignent est assez avancée ; elle connaît les animaux domestiques, les chars, les armes de bronze ; mais il n’y a pas encore de temples. Les occupations sont surtout guerrières et agricoles ; la richesse est déjà très inégalement répartie. Les prêtres, exclusivement chargés des sacrifices, sont rétribués par les fidèles ; les princes ont des prêtres attachés à leur service et qui, parfois, le prennent de haut avec eux[1]. Au-dessous des prêtres et des guerriers sont les travailleurs ou laboureurs, plus estimés, naturellement, que les indigènes ; il y a là le rudiment des quatre castes des Brahmanes, des Ksha-

  1. Max Müller, Essais sur la Mythologie, p. 379.