Page:Reiset - Mes souvenirs, tome 1.djvu/424

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
415
CHAPITRE QUINZIÈME

« C’est de cette manière seulement que l’on peut expliquer le succès qu’a obtenu, dit-on, la souscription ouverte par le comité soi-disant national italien établi à Londres, et qui aurait déjà produit plusieurs millions s’il faut s’en rapporter à des bruits évidemment fort exagérés. Mais tout cela se fait sourdement, sans démonstrations, et la fermentation est tellement latente qu’elle ne serait pas remarquée par un œil peu exercé. Du reste en aucun cas elle ne se manifestera par une révolution ni même par une émeute de quelque gravité, et le gouvernement sera toujours ici maître, s’il veut user d’un peu de fermeté, de guider les destinées du pays. Tant donc que le cabinet actuel aura pour chef M. d’Azeglio, on peut compter que le Piémont ne se jettera pas dans d’aventureuses entreprises. Le maréchal Radetzki n’aura, par conséquent, pas l’occasion, il faut l’espérer, de mettre à exécution la menace qu’on lui attribue. Au moment de quitter Vérone pour se rendre à Vienne, il aurait dit : « Nous allons mettre la Prusse à la raison, et nous reviendrons ensuite en faire autant à l’égard du Piémont. »

Tant que la question austro-prussienne restait en suspens les Italiens révolutionnaires, ne voyant pour eux de salut que dans la guerre, accueillaient et répandaient le bruit qu’elle allait bientôt éclater