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MES SOUVENIRS

entre la Prusse et l’Autriche. Dans ce cas, disaient-ils, cette dernière puissance serait nécessairement obligée d’affaiblir les garnisons ou plutôt les armées d’occupation de la Lombardie, qui la maintiennent dans l’obéissance sans l’avoir domptée. Cette province profiterait sans doute des embarras que susciterait à l’Autriche une guerre contre la Prusse pour se révolter de nouveau, et l’on verrait se renouveler la situation du mois de mars 1848. Le gouvernement piémontais, débordé de tous côtés par l’opinion publique, aurait bien du mal à garder longtemps sa neutralité. L’étincelle gagnerait bien vite la Toscane, Parme, Naples, la Sicile où fermentaient tant de germes de révolution. L’armée sarde, il est vrai, paraissait très peu animée pour la guerre ; elle était toute prête à obéir au gouvernement pour étouffer des troubles intérieurs, mais dans le cas où une guerre en Allemagne lui offrirait l’espoir de prendre une revanche contre l’Autriche et de racheter l’honneur de ses armes compromis à Novare, ne changerait-elle pas de dispositions ? Que pourraient alors la volonté du gouvernement et la loyauté du roi ? Sans doute M. d’Azeglio se serait retiré, ne voulant pas rompre le traité qu’il avait signé. Sans doute le roi Victor-Emmanuel prendrait d’abord les mesures les plus énergiques pour conserver la paix. Mais,