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CHAPITRE QUINZIÈME

dans une telle situation, les mesures répressives auraient bien peu d’efficacité. Tous les hommes d’État du Piémont s’accordaient à reconnaître qu’un soulèvement de la Lombardie, au milieu d’une guerre entre la Prusse et l’Autriche, aurait son écho dans le reste de l’Italie, et que la Sardaigne, malgré tous les efforts contraires de son gouvernement, finirait par se laisser emporter dans le même mouvement. C’était l’opinion du maréchal de Latour, un des hommes les plus éminents du pays, qui avait été général en chef, ambassadeur, président du conseil des ministres, que personne ne pouvait soupçonner de pencher vers les idées ultra-libérales, ou vers l’italianisme.

À la même époque, un conflit très aigre se produisit entre les deux cours de Turin et de Naples. Il s’était formé en Piémont une association pour créer un atelier national ouvert aux réfugiés italiens. M. Galvagno, ministre de l’intérieur, n’y voyant qu’une œuvre de bienfaisance, l’avait autorisée, et lui accorda même la protection du gouvernement par un décret du 23 octobre 1850 publié au Journal officiel. M. Galvagno, qui avait récemment quitté son cabinet d’avocat pour se lancer dans la politique, était encore inexpérimenté ; il n’avait pas compris la connexité qui existe-souvent entre des mesures