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CHAPITRE QUINZIÈME

sai pour lui à Camille de Cavour dont j’ai conservé la curieuse réponse :


« Mon cher Reiset,

« Ce billet vous sera remis par M. le professeur Pasquale, qui consent à se charger du travail ebdomadaire (sic) que désire notre ami Ludolf. Seulement, pour ne pas éveiller sa susceptibilité, je lui ai laissé ignorer qu’il s’agissait de renseigner le chargé d’affaires du Roi Bombartatore, et je lui ai laissé croire qu’il travaillait pour vous.

« La rétribution serait fixée pour le moment à soixante francs par mois.

« Je désire que votre ami et vous soyez satisfaits de mon recommandé.

« Mille amitiés.

« C. de Cavour. »


Personnellement le comte Guillaume de Ludolf était très sympathique à tous. Je le connaissais de longue date. Son père était ministre de Naples à Rome en 1840, lors de mes débuts dans la carrière diplomatique. Nous étions liés, et j’avais été heureux de le retrouver à Turin. Mais le gouvernement napolitain était détesté en Italie. Le marquis Fortunato, ministre des affaires étrangères de Naples, envoyait