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MES SOUVENIRS

notes sur notes, développant les griefs de Ferdinand ii contre le Piémont. M. d’Azeglio me donna, sur tous ces griefs, des explications que je transmis au gouvernement français.

« Je n’ai jamais entendu parler, me dit-il, du banquet qu’auraient donné à Gênes les réfugiés napolitains pour célébrer l’anniversaire de la révolution de Sicile, et il est absolument inexact que M. de Ludolf m’ait adressé des représentations à cette occasion. M. Fortunato accuse le gouvernement piémontais de souffrir que les réfugiés napolitains conspirent contre leur pays, mais, comme il ne fournit aucune preuve, aucun indice même, il m’est impossible de prendre en considération le désir qu’il manifeste de les voir expulser du territoire sarde. Certes je ne tiens pas à les garder en Piémont, mais où iront-ils ? On ne veut pas d’eux en France ; les colonies espagnoles, l’Amérique même les repoussent, car toutes les fois qu’il s’agit d’en embarquer quelques-uns pour cette destination, nous sommes certains de recevoir des plaintes de la part des représentants de ces puissances. Les obligerons-nous à rentrer dans leur pays ? Mais l’issue qu’a eue à Naples le dernier procès politique indique assez le sort qui les y attendrait.

« Nous qui sommes et qui passons pour des gens d’honneur, il n’y aurait en Europe qu’un cri unanime