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CHAPITRE QUINZIÈME

de réprobation contre nous pour les avoir livrés, et nous ne les livrerons pas.

« Si le gouvernement napolitain a la preuve que quelques-uns des réfugiés complotent contre lui, qu’il me la communique, et il peut être bien assuré que je prendrai immédiatement à leur égard les mesures les plus énergiques. Mais il m’est impossible d’agir sur un simple soupçon.

« Quant à l’atelier national, il n’a jamais existé et il n’existera sans doute jamais. La société qui s’était formée dans ce but est sans argent, sans crédit et sans vie. Il est en outre inexact de dire que M. Roméo ait été nommé vice-président de cette société par le gouvernement ; c’est elle-même qui l’a choisi. D’ailleurs Roméo est aujourd’hui un vieillard qui mène une vie tranquille et retirée, et le gouvernement ne saurait comment motiver le décret d’expulsion que l’on demande contre lui.

« M. le marquis Fortunato veut nous rendre responsables de l’esprit d’hostilité qui règne dans certains journaux du Piémont contre le gouvernement napolitain ; mais il oublie donc que nous vivons ici sous le régime constitutionnel, que, la presse étant libre par conséquent, il n’appartient pas au gouvernement de poursuivre d’office les articles dont se plaint M. Fortunato.