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CHAPITRE QUINZIÈME

dea autres États de l’Italie, et ni le gouvernement romain ni celui d’Autriche n’ont trouvé qu’il y eût là matière à des représentations. Pourquoi la cour de Naples se montrerait-elle plus susceptible que celles de Rome, de Florence et de Vienne ? D’ailleurs cette fête champêtre n’avait aucun caractère politique, et le gouvernement ne pouvait prévoir que la présence de telle ou telle personne pût blesser un gouvernement étranger quelconque.

« Le cabinet sarde est vigilant, je vous le répète, et il ne souffrira jamais qu’il se forme sur son territoire des machinations contre la tranquillité d’un pays quelconque. Mais en même temps il est humain et juste, et il lui répugne d’user de rigueurs inutiles. À force de réaction on finit par en faire contre ce qui est humain et juste.

« Quant à l’agression dont un officier napolitain aurait été l’objet dans une rue de Gènes, elle n’a point la gravité qu’on lui a supposée. Cet officier a été poursuivi, il est vrai, pendant quelque temps par des coups de sifflet, mais la police est immédiatement intervenue, et, comme le rassemblement grossissait, un agent fit passer son bonnet à l’officier étranger afin qu’il pût se soustraire à la foule, et, grâce à ce déguisement, il fut bientôt perdu de vue et atteignit le bureau de la diligence par laquelle il devait partir. »