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CHAPITRE QUINZIÈME

Malgré de nombreuses marques d’une certaine déférence, l’éloquent orateur siégeait tout seul sur le haut des bancs de la gauche et n’avait à la Chambre aucune influence.

M. Brofferio s’acquitta de sa tâche avec tact, se plaçant non au point de vue de ses propres opinions, mais à celui des idées dominantes de la Chambre ; son œuvre était plus modérée même que le projet de M. Buoncompagni. La première phrase était destinée à causer en Italie une grande impression : « Vos sublimes paroles, disait-il au roi, auront un écho là où l’on souffre, là où on espère. » Il était facile de comprendre que M. Brofferio indiquait par ces mots la Lombardie, les Duchés, Rome, Naples, enfin tout le reste de l’Italie. Cette phrase était de la part de la Chambre une sorte de profession de foi d’italianisme, une protestation contre l’état actuel des choses dans les autres parties de la Péninsule. Il était impossible qu’elle n’y trouvât pas un écho et qu’elle n’y fût pas regardée comme une promesse pour l’avenir.

M. His de Butenval arriva à Turin le 14 décembre. Il entra dès le lendemain en rapport avec M. d’Azeglio. « Avant de me laisser prendre congé, écrivait-il au général de La Hitte à la suite de cette première entrevue, M. d’Azeglio, avec une nuance presque affectueuse d’accent, a voulu rendre à M. de Reiset