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LES CEUX DE CHEZ NOUS
(QUAND J’ÉTAIS P’TIT)

I

Mon bon nouveau
Mon bogros paletot


Et voilà que j’ai presque sept ans ; et que je sais lire. Pas tout ; pas les mots trop longs et les trop difficiles qu’on ne sait pas ce que ça veut dire. D’abord moi, je crois que personne ne sait lire et que quand on regarde dans un livre ou bien sur la gazette on fait semblant, mais on devine tous ces mots-là qu’on a déjà entendus autre part. Comme je suis petit et qu’on m’empêche d’écouter tout, c’est pour ça que je ne sais pas fort bien lire.

On m’a mis à la campagne, chez une grand’tante, parce qu’il y a une meilleure air, dit-on ; je ne vois pas que l’air est si bonne. C’est encore une de leurs idées, ça. Moi, je vois fort bien que le fumier, les écuries des bêtes et les pipes des ouvriers sentent aussi mauvais qu’à Liége ; peut-être encore plus fort, parce qu’on est tout le temps tout près.

Ils ont encore répété bien des fois : « Il faut le changer d’air parce qu’il grandit beaucoup. » Quel rapport ça a-t-il ? Je ne