Page:René de Pont-Jest - Le N° 13 de la rue Marlot.djvu/278

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Marguerite étouffa un cri d’indignation ; mais son défenseur, tout en prenant des notes, la surveillait et l’exhortait à la patience.

Enfin cet épouvantable supplice se termina ; M. Morin finit sa déposition par quelques paroles doucereuses et vint prendre sa place sur le banc des témoins, où l’accompagna un murmure qui n’avait rien de sympathique.

Instinctivement et bien qu’elle n’eût plus guère de compassion pour l’accusée, la foule pensait que cet homme, en admettant même qu’il n’eût dit que la vérité, venait de commettre une mauvaise action.

M. Adolphe Morin clôturant la liste des témoins, M. l’avocat général Gérard eut immédiatement la parole pour soutenir l’accusation.

— Messieurs, commença-t-il au milieu du plus respectueux silence, jamais autant qu’aujourd’hui je n’ai compris combien ma tâche est douloureuse, mais aussi combien elle est grande. J’ai en face de moi une femme qui appartient à l’élite de la société, qui n’a eu sous les yeux que de bons exemples, que son éducation aurait dû préserver du mal, et j’ai à vous démontrer qu’elle a été la complice de l’homme qui a lâchement frappé un vieillard, après l’avoir attiré dans un guet-apens.