Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/148

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

publiciste lui-même s’efforçait de calmer, il demanda aux nouveaux venus, d’une voix ferme :

— Que veut dire cette violation de mon domicile ?

— Monsieur, répondit le commissaire de police, je suis requis par M. Noblet pour contraindre sa femme à réintégrer le domicile conjugal, conformément au jugement rendu contre elle. Je vous engage, dans votre intérêt, à ne pas tenter de vous opposer à l’exécution de mon mandat.

— Il ne s’agit plus de cela, interrompit vivement le libraire à qui M. de Tiessant avait parlé à voix basse ; je ne veux plus de cette femme ! Je vous requiers de dresser contre elle un procès-verbal de flagrant délit d’adultère et de vous emparer d’elle.

Éva s’était assise sur le lit et suivait cette scène d’un regard fou, sans paraître la bien comprendre. À ces épouvantables paroles de son mari, elle répondit par un horrible cri, et retomba en arrière de tout son long.

— Malheureux ! s’écria le sculpteur, en s’adressant à M. Noblet ; vous savez bien que votre femme est innocente ; vous savez bien que vous mentez ; vous le savez bien aussi, vous, Monsieur de Tiessant.

Et, se tournant vers le commissaire de police, il ajouta :

— Monsieur, je vous jure que madame est entrée ici pour la première fois, il y a cinq minutes ; que jamais, vous m’entendez bien, jamais il n’y a eu entre elle et moi aucune relation coupable. Je vous le jure sur l’honneur ! Interrogez Mme Bertin, mes amis, mes