Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/174

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Cette nouvelle calma un peu Gilbert, que le docteur Bernel avait effrayé en lui apprenant ce qu’il savait du sort d’Éva, et surtout en ne lui dissimulant pas qu’il y avait à craindre qu’elle ne fût maintenue en état d’arrestation.

Cependant, à peu près au moment même où la bonne veuve quittait la rue d’Assas, sa nièce entrait dans le cabinet du procureur impérial, qui lui dit avec bienveillance, quand elle lui eut exprimé son intention de ne repousser par aucune explication l’accusation relevée contre elle :

— Je n’insiste pas, mais j’espère que vous vous déciderez à rompre le silence lorsque vous serez appelée devant le juge d’instruction, car je doute que votre conseil et ami, Me Mansart, approuve votre mutisme. En attendant, je vais vous mettre en liberté, sous la double condition que vous vous tiendrez à la disposition de la justice et n’habiterez plus chez Mme Bertin, non pas que votre tante ne soit une personne des plus honorables, mais en raison seulement du voisinage qui vous a déjà compromise.

— Je comprends, monsieur, fit Mme Noblet en rougissant, mais où irai-je ? Je ne saurais demander l’hospitalité à mon père, puisque mon mari demeure chez lui. Ma sœur est au couvent des Augustines à Chartres. J’y songe, cet ordre a une succursale à Paris. Puis-je y aller ?

— Certainement, vous ne sauriez même choisir un meilleur asile.

— Je m’y rendrai ce soir même.