Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/372

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Mme Bertin venait d’entrer, Ronçay se jeta dans ses bras en s’écriant ;

— Mon Dieu ! que vais-je devenir ?

Puis il s’affaissa sur un siège, pendant que la pauvre veuve s’agenouillait près du lit de sa nièce et fondait en larmes.

Mais l’excellente femme se releva bientôt, vint à Jeanne qui se tenait contre la porte de la chambre, lui dit quelques mots à voix basse, et la Bretonne disparut.

Quelques secondes après, elle rentrait en conduisant Blanche par la main. Au même instant, Pierre prenait en courant la direction de Nogent.

À la vue de sa fille, Gilbert demeura atterré ; il n’avait pas songé à elle. Il fallait cependant qu’elle embrassât sa mère une dernière fois ! Il tenta de se lever, mais il n’y réussit pas. Alors, il suivit d’un œil hagard ce qui se passait là, devant lui.

L’enfant tremblait, de grosses larmes coulaient le long de ses joues, ses jambes ne pouvaient la soutenir. Mme Bertin voulut la porter, mais elle était elle-même sans force. Ce fut Bernel qui la prit dans ses bras et l’assit sur le lit, en lui disant :

— Blanchette, embrasse ta maman, mais doucement, bien doucement ! Ne fais pas de bruit ; elle dort !

— Oh ! comme elle est pâle, dit la fillette, en effleurant de ses lèvres roses les lèvres décolorées de la mourante. Bonsoir, petite mère, bonsoir ! Mais elle a des frissons, elle a froid. Mon bon ami, qu’est-ce