Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/114

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elles en ont à remplir. La vraie veuve, solitaire, passe sa vie en veilles saintes, en prières. Quant à la veuve consolée, qui vit dans les plaisirs, elle est morte aux yeux de l’Église. Ces intéressantes mais fragiles personnes étaient assujetties à une sorte de règle ; elles avaient une supérieure ; chaque Église, à côté de son diacre, avait sa veuve, chargée de veiller sur les veuves plus jeunes et d’exercer une sorte de diaconie féminine. L’auteur des fausses épîtres à Timothée et à Tite veut que la veuve ainsi élue[1] n’ait pas moins de soixante ans, qu’elle n’ait été qu’une fois mariée, qu’elle soit recommandable par ses bonnes œuvres, par la manière dont elle a élevé ses enfants, par le zèle qu’elle a mis à exercer l’hospitalité, à laver les pieds des saints. Les jeunes veuves doivent être écartées de telles fonctions ; car, au bout de quelque temps donné à Christ, leur nouvel époux, ces étourdies lui sont infidèles, ne pensent plus qu’à se remarier, passent leur vie dans l’oisiveté, allant de maison en maison, curieuses, éventées, bavardes, parfois inconvenantes en leurs discours. « Je veux donc que les jeunes veuves se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles soient maîtresses de maison, qu’elles ne donnent aucune prise à la médisance ; car

  1. I Tim., v, 9 et suiv.