Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/117

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mener leur pieuse vie[1]. Que la persécution ne les étonne pas ; elle est l’état naturel du chrétien[2]. Le chrétien doit être l’inverse du païen[3]. L’homme qui ne suit que les penchants de la nature est esclave de ses désirs, entraîné par la volupté, méchant, envieux, haineux et haïssable. La transformation qui fait d’un homme un élu est le fruit non de ses mérites, mais de la miséricorde de Jésus-Christ et de l’efficacité de ses sacrements.

Tel est ce petit livre, déjà tout catholique, vrai type de l’esprit ecclésiastique, qui a été pendant dix-sept siècles le manuel du clergé, l’Évangile des séminaires, la règle de la politique des âmes telle que la pratique l’Église. Le fond de cet esprit, c’est la piété. La piété est l’âme du prêtre, le secret de sa résignation et de son autorité[4]. Mais le prêtre pieux a des droits ; il a le droit de réprimander, de corriger, avec respect sans doute quand il s’agit de vieillards, mais toujours avec fermeté. « Prêche la parole, insiste à propos, hors de propos, gronde, censure, exhorte avec patience et doctrine[5]. » Simple en sa

  1. I Tim., ii, 2-3.
  2. II Tim., iii, 12 ; iv, 3-4.
  3. Tit., iii, 3 et suiv. Cf. II Tim., ii, 19-21.
  4. I Tim., v et vi ; II Tim., iv, 5.
  5. II Tim., iv, 2.