Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/510

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qu’il associait bizarrement à une dévotion polythéiste[1], il était pour la religion établie, non qu’il la prétendît vraie, mais parce qu’elle était ancienne et faisait partie des préjugés d’un vrai Romain. Nul doute que, dans sa déclamation, il ne se plaçât au point de vue du patriotisme, pour prêcher le respect dû aux institutions nationales, et qu’il ne s’élevât, en conservateur zélé, contre la folle prétention de gens illettrés et de petite condition, aspirant à réformer les croyances. Peut-être terminait-il par une ironie contre l’impuissance de ce Dieu unique, qui, trop occupé pour bien gouverner toute chose, abandonnait ses adorateurs aux supplices, et par quelques railleries sur la résurrection de la chair[2].

Le discours de Fronton n’alla qu’aux lettrés ; Fronton rendit un bien plus mauvais service au christianisme en inculquant ses idées à l’élève illustre qu’il formait avec tant de soin et qui devait s’appeler Marc-Aurèle.

  1. Lettres de Fronton, V, 25, etc.
  2. Discours de Cæcilius, précité.