Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/52

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restait toujours, qu’à son talent personnel[1]. Malheur à ceux qui le blessaient ou l’emportaient sur lui dans la discussion ! Le Néron, habilement dissimulé, qu’il y avait en lui, se réveillait alors. Ce qu’il fonda de chaires nouvelles, ce qu’il donna de pensions littéraires, ne se peut calculer. Il prenait au sérieux ses titres d’archonte et d’agonothète. Il fit lui-même une constitution pour Athènes, en combinant à doses égales les lois de Solon et celles de Dracon, et voulut voir si elle fonctionnerait. La ville fut toute renouvelée. Le temple de Jupiter Olympien, près de l’Ilissus, commencé par Pisistrate, l’une des merveilles du monde, fut achevé, et l’empereur en prit le titre d’Olympien[2]. Dans l’intérieur de la ville, un vaste ensemble carré de temples, de portiques, de gymnases, d’établissements d’instruction publique, data de lui[3]. Tout cela est loin assurément de la perfection de l’Acropole ; mais ces constructions surpassaient tout ce qu’on avait jamais vu par la rareté des marbres et la richesse des décorations. Un Panthéon central

  1. Une épigramme de sa composition a été trouvée à Thespies. Comptes rendus de l’Acad. des inscr., 1870, p. 56-57.
  2. Spartien, 13 ; Dion Cassius, LXIX, 16 ; Corpus inscr. gr., nos  321 et suiv. ; Corp. inscr. lat., t. III, no 548 ; médailles de Nicomédie, de Cyzique, d’Éphèse, de Tarse, de Laodicée, etc.
  3. C’est le groupe de ruines avoisinant le marché actuel et la caserne.