Page:Renan - Lettres intimes 1842-1845, calmann-levy, 1896.djvu/282

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man ! J’espère tant de la droiture de vos âmes et de vos intentions.

Je ne te parle jamais de nos affaires d’argent, mon bon ami, ne voulant pas te fatiguer l’esprit de chiffres inutiles ; mais aujourd’hui je t’en dirai quelques mots, espérant que l’exposé de notre situation te décidera à suivre mes avis, ce qui est en tout ma première, ma dominante pensée. Je t’assure, mon bon Ernest, que je puis sans imprévoyance et sans aucune gêne, mettre à ta disposition ce qui est nécessaire pour l’exécution de cet utile et cher projet. Nos affaires de famille doivent être bien avancées ; j’ai adressé à notre frère une remise qui devait les couvrir en grande partie, et il m’avait promis de s’en occuper particulièrement pendant son séjour près de notre chère maman. D’un autre côté, je me suis arrangée avec les parents de mes élèves, de manière a n’être pas complètement sans ressources quand je me séparerai de leurs enfants. Accepte donc sans crainte, je t’en supplie ; je te le demande les larmes aux yeux et avec les instances de la plus tendre amitié. Un jour viendra, ami, où tu me rendras tout cela avec usure, si