Page:Renard - Bucoliques, 1905.djvu/59

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
51
BUCOLIQUES

— Je ne corne ni ne flûte, dit tante Rose : J’habite la chambre du bas que vous me louez et je n’ai jamais besoin de l’escalier qui mène à celle du haut. Donc je le bouche, afin que nous restions chacune chez nous.

— Et moi, dit maman Jeanne, j’entrerai sans doute et je sortirai par la fenêtre ?

— C’est votre affaire. Vous ne comptiez point, je suppose, que je vous laisserais passer et repasser chez moi, à toute heure et toute la journée et toute votre vie. Autant vaudrait loger sur la place de l’Église. Dieu merci ! je paye votre chambre suffisamment cher pouf que personne ne m’y dérange. Diminuez-moi d’abord et on tâchera de s’entendre.

— Par exemple ! dit maman Jeanne révoltée, j’aimerais mieux grimper à même le mur.

— Au revoir, ma belle, dit tante Rose.

Et elle lui ferma la porte au nez. Maman Jeanne, étourdie, baissait les yeux vers la terre.