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BUCOLIQUES

et les herbages. Du moins, j’essaie, cousine.

— Et tu écrirais notre petit pré des saules ?

— Je voudrais bien.

— Ensuite, tu adresses tes papiers à Paris. Le facteur me dit que tu en bourres sa boîte. Et qu’est-ce qu’on fait de tes écrits là— bas ?

— On les imprime dans les journaux.

— Dans le Petit Journal ?

— Oh ! non, il est trop petit.

— Et dans les almanachs ?

— Oh ! pas encore. Il n’y a rien de plus difficile que d’être imprimé dans les almanachs.

— Je ne peux pas me figurer, dit Nanette, que les bêtises de notre pays intéressent les Parisiens.

— Les vôtres surtout les amusent.

— Ah ! ah ! dit Nanette, elles sont plus bêtes. Et ceux qui les lisent te donnent de l’argent ?

— Ils le donnent au propriétaire du jour-