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BUCOLIQUES

nal qui me le redonne après en avoir retenu une partie. C’est un calcul compliqué.

— Mâtin ! dit Nanette, tu as de la veine de pouvoir faire ton commerce à des lieues et des lieues de distance. Mais tu devrais me céder un peu de ce que tu gagnes, quand tu me racontes, moi.

— À votre service, cousine.

— Merci, cousin. La monnaie mal gagnée brûle les doigts. Tu n’as pas honte de t’enrichir à ce métier de propre à rien ! Espèce de grand fainéant, je ne m’étonne plus que tu conserves des mains de demoiselle ! Et je suis sûre qu’ils te paient un bon prix ?

— Très cher.

— Ils sont fous, dit Nanette, qui s’éloigne et gesticule ; tu peux leur répéter ça de ma part, à tes marchands d’écritures : Ils sont archifous !