Fabius Ortofieri, Corse, il devait y avoir quelque correspondance mystérieuse qu’on découvrirait peut-être par la suite. Pour l’heure, ce qui s’imposait, c’était la culpabilité de Fabius.
« Leboulard s’en ouvrit au parquet et au juge d’instruction commis pour instruire à la fois cette affaire et celle de la machine infernale : M. d’Archiac. Mais il le fit avec toute la discrétion d’un magistrat rompu aux habitudes du Palais et qui, sachant combien il est délicat d’accuser sans preuves, n’apporte à la justice qu’une simple indication.
« Malheureusement pour Fabius, un témoin terrible se dressa contre lui en la personne du policier Cartoux.
« Fabius, invité par le juge d’instruction à venir librement, comme ennemi de César, préciser les relations qu’il avait entretenues avec lui, fut reconnu par ce Jean Cartoux, présent à sa comparution.
« Jean Cartoux, de service en civil, boulevard du Temple, le 28 juillet, avait vu… Mais j’ai là une copie de son rapport, écrit aussitôt que l’assassinat de César fut séparé de l’attentat de Fieschi. Ce rapport est daté du 30 juillet.
« J’ai l’honneur d’exposer les faits suivants :
« Bien que je bénéficie d’un congé de quarante-huit heures qui m’a été accordé sur ma demande le 28 dernier au soir, vu la grande fatigue du travail de la nuit précédant la revue, pendant laquelle nuit nous avons opéré des perquisitions dans les maisons des boulevards Saint-Martin et du Crime… »
— Voilà un bavard, dit Colomba. Mais quel est ce boulevard du Crime ?
— C’était le boulevard du Temple, expliqua Charles. On le surnommait ainsi à cause des nombreux théâtres qui s’y trouvaient où l’on jouait des drames et des mélodrames dont les personnages s’entre-tuaient à l’envi.
— Mais à quelles perquisitions ce Jean Cartoux fait-il allusion ? demanda Bertrand Valois.
— On se doutait vaguement, le 28, depuis la veille, qu’un attentat serait commis au passage du roi. Un