Page:Revue de Paris, Tome 33-34, 1836.djvu/210

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AU POÈTE.

Allez, poète, allez ; la couronne et les palmes Sont pour l’ardent coursier guidé par des mains calmes. Allez, les yeux fixés sur le vaste horizon. Qu’importe le chemin ? Et que fait la saison ? ïsolez-vous toujours. La poésie est sainte ; Menez-la par la main sur les monts , hors d’atteinte. Laissez gronder là-bas. Que les temps soient meilleurs, Ou qu’ils soient plus mauvais, votre vie est ailleurs... Ailleurs sont vos amours. Tel que l’anachorète. Perdez le souvenir des villes, ô poète ! Dépouillez-vous d’espoir ; vous avez peu d’amis ; Les meilleurs dans la mort sont peut-être endormis.... Comme on voit remonter les deux rives de l’onde. On ne voit qu’en passant ce qu’on aime , en ce monde. N’attendez donc jamais votre rêve d’hier. Avec la destinée, enfant, soyez plus fier. Peut-être avez-vous vu sur le bord de son aire, Un aiglon attentif aux éclats du tonnerre.