Page:Revue de Paris, Tome 33-34, 1836.djvu/226

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En fait de talents d’agrément, elle pincent de la guitare, chantent assez mal (il en est cependant quelques-unes qui sont bonnes musiciennes) et dansent avec un charme inexprimable les danses du pays.

Les Liméniennes n’ont en général aucune instruction, ne lisent point et restent étrangères à tout ce qui se passe dans le monde. Elles ont beaucoup d’esprit naturel, une compréhension facile, de la mémoire et une intelligence surprenante. Leur religion consiste à observer scrupuleusement, non le rite catholique, mais les pratiques usitées dans leur pays, pratiques qui, en mille circonstances, sont d’un ridicule qui scandalise les Européens.

J’ai dépeint les femmes de Lima telles qu’elles sont, et non d’après le dire de certains voyageurs. Il m’en a coûté sans doute, car la manière aimable et hospitalière avec laquelle elles m’ont accueillie, m’a pénétrée des plus vifs sentiments de reconnaissance ; mais mon rôle de voyageuse consciencieuse me faisait un devoir de dire toute la vérité.


Mme Flora Tristan.