Page:Revue de droit public - 1897 - A4T7.djvu/436

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tion de frais de production, au moins doit-il payer les frais nécessaires. Mais ne doit-on pas, du moins dans beaucoup de cas, ranger les moyens de communication parmi ces établissements dont Smith lui-même dit ailleurs que, quoique hautement utiles à la société en général, personne en particulier ne se croit assez intéressé à leur existence, pour vouloir en payer les frais ?

… On peut, je crois, sans crainte, mettre les moyens de communication, pourvu qu’ils soient judicieusement conçus, au rang des dépenses sociales les mieux entendues. Il en résulte une diminution de frais de production en général, une baisse de prix pour tous les produits, d’où résulte un gain pour la société[1] ».

Insistant sur son opinion, et l’appuyant d’un exemple, Say dit plus loin : - « Les frais de confection d’un canal, même les frais indispensables, peuvent être tels que les droits de navigation ne soient pas suffisants pour payer les intérêts de l’avance ; quoique les avantages qu’en retirerait la nation fussent très supérieurs au montant de ces intérêts. Il faut bien alors que la nation supporte gratuitement les frais de son établissement, si elle veut jouir du bien qui peut en résulter[2] ».

Sur ce point, on le voit, comme sur d’autres, les « maîtres de la science » ne sont pas d’accord. Disons tout de suite que la thèse de Say nous paraît fondée jusqu’à un certain point, mais qu’en même temps son exemple nous semble bien mal choisi et son argumentation singulièrement malheureuse. Si l’on veut ranger, au moins en partie, le service des voies de communication parmi les services publics, c’est en dehors du transport des marchandises qu’il en faut chercher les motifs; et ce n’est pas sur les canaux, exclusivement destinés à ce transport, qu’il faut s’appuyer. Le transport des marchandises est une partie de leur façon ; par conséquent, en tant que permettant ou facilitant la circulation des produits, les voies de communication sont un capital productif et rentrent dans la règle générale de la production et de la capitalisation. Sous l’empire de la concurrence, de même que les services producteurs se combinent en les produits de la nature et de la quantité propres

  1. Cours d’économie politique, 7e partie, ch. XXIII.
  2. Cours d’économie politique, 7e partie, ch. XXIV.