Page:Revue de métaphysique et de morale, supplément 4, 1909.djvu/17

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


(p. 398) par les socialistes, sûrs d’atteindre ainsi la complète dissociation de l’Etat et de la propriété qu’ils poursuivent. Les protestants, les maçons, les israélites, etc., en sont avec eux les seuls partisans en Italie (p. 277) ; l’idée en vient du gouvernement, non du peuple ; le peuple italien, fidèle au type de l’antique famille romaine, n’a qu’un culte : le mariage monogamique indissoluble et sacré, seul conforme aux fins suprêmes de la nature, et aux lois de l’Église. La preuve ? c’est que l’Italie est un des peuples où les demandes en séparation sont le moins nombreuses (p. 195). Pour le reste, l’auteur n’a pas de peine à montrer la fausseté historique et sociologique de la conception du mariage considéré comme simple contact privé (ch. iv).

« Enkhiridion » o Manu-libro di Epikteto, trad. Pearson et Couturat ; 24 p. in-12, Imprimerie Chaix, Paris. — Cet opuscule est la traduction du Manuel d’Epictète en langue internationale. On sait combien le texte grec est difficile à traduire et parfois même à comprendre en raison de son style abrupt, laconique et elliptique. Il semble que la traduction nouvelle le suit très fidèlement, et en donne un calque plus exact qu’aucune traduction en langue moderne. Citons-en une phrase, à titre de spécimen : « Se tu iras balnar, ripresentez a tu, to quo eventas en balneyo : la asperganti, la pulsanti, la insultanti, la furtanti ; e tale, tu facos plu sekure la ago, se tu quik pensos : « Me volas balnar, ed anke konservar mea volo en stando segun la naturo ».


REVUES ET PÉRIODIQUES

Le Spectateur, Revue critique paraissant le 1er de chaque mois. Directeur : René Martin-Guelliot. Comité de Rédaction : Olry Collet, Vincent Muselli, Marcel Pareau, Jean Paulhan, Léon Pelletier, Guillaume de Tarde ; première année, Nos 1 et 2, 1er avril et 1er mai 1909. — Il y a une pensée vivante, une « pensée réelle », différente de cette pensée idéale et abstraite, qui est l’objet d’étude des logiciens, plus faillible, plus complexe, plus souple : elle mérite aussi d’être étudiée ; elle est, consciemment ou inconsciemment, l’objet d’étude de tous ceux qui se consacrent à la sociologie, à la linguistique, à l’histoire. Les jeunes réducteurs du Spectateur se proposent d’en définir les caractères et les lois, dans une revue de petit format, où les articles dépassent rarement dix pages. Veut-on, par des exemples, comprendre quelles questions les intéressent ? M. Vincent Muselli étudie « l’argument des extrêmes dans les discussions théoriques et pratiques », et cherche à montrer pourquoi l’homme, dans une discussion avec un adversaire, a une tendance invincible, « loin de vouloir amener son adversaire a soi-même », à lui reprocher au contraire « de ne point s’éloigner davantage, et le pousse par tous les moyens en son pouvoir à gagner l’opinion extrême ». M. Guillaume de Tarde définit « l’esprit juridique », délibérément verbal et scolastique, et plaide en faveur « d’une plus grande liberté dans la critique, d’une méthode moins formelle ou, si l’on veut, plus psychologique, en général d’une conception plus pratique du Droit ». Dans le premier numéro, un Bulletin de Logique de Langage, par M. Vincent Muselli. Dans le second, un Bulletin de Logique des Sciences, par M. René Martin Gueillot.

Le champ d’études est vaste. Si vaste que les travaux de M. Martin Gueillot et de ses collaborateurs seront peut-être, s’ils n’y prennent garde, trop imprécis et trop indéterminés, quant à l’objet et quant à la méthode. C’est la seule critique, ou, si l’on veut, le seul conseil que nous leur veuillons adresser. Il faut distinguer entre une proposition scientifique, qui énonce une relation définie entre des éléments définis, et une proposition générale, qui énonce quelque relation confuse entre des notions de sens commun : le sociologue, par aversion pour le caractère abstrait et scolastique de la logique formelle, est trop facilement porté à se contenter de ces généralités vagues. Remercions la nouvelle Revue dé, nous faire connaître M. Walter Dill Scott, et ses deux ouvrages sur la Psychologie de la Réclame (The Theory and Practice of Advertising, – The Psychology of Advertising) ; mais avouons notre déception quand M. Walter Dill Scott nous définit, dans un bref article, « les lois de la pensée progressive dans leur application à la publicité commerciale ». Il faut, nous révèle M. Scott, que l’annonceur se livre, dans son esprit, aux opérations successives de l’ « observation », de la « classification », de l’ « inférence ». Puis « le quatrième pas dans le processus mental de l’annonceur progressiste consiste à appliquer les déductions tirées de l’expérience antérieure ». Hélas ! N’importe quel manuel scolaire nous en dit autant, ou aussi peu. Remercions encore la Revue dé nous résumer l’ouvrage d’Alfred Vierkandt, sur Die Stetigkeit in Kulturwandel. Mais que M. François Carré, auteur de l’analyse, ne se