Page:Revue des Deux Mondes - 1829 - tome 2.djvu/92

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
86
FRANCE.

quinze compagnies d’ordonnances et des francs archers ; il ne dépassa pas deux millions. Louis xi l’augmenta, et les guerres d’Italie empêchèrent Charles viii d’entreprendre aucune diminution. Si Louis xii procura quelques soulagemens à cet égard, François Ier ne les laissa pas subsister ; il y joignit même une autre taxe qu’on nomma la grande crue, pour la solde de 50,000 hommes, qui furent appelés légionnaires, à l’imitation des légions romaines.

Nous ne nous proposons pas de retracer ici l’histoire de la taille ; mais on nous saura gré sans doute d’avoir rappelé son origine. Nous allons expliquer maintenant comment elle se levait en France dans les dernières années qui ont précédé la révolution.

Tous les ans, vers le mois de février, on arrêtait dans le conseil un état ou brevet des sommes à imposer pour l’année suivante.

Cet état contenait le détail de ce que chaque généralité devait supporter. On en envoyait une copie à l’intendant et l’autre aux officiers du bureau des finances, afin qu’ils donnassent leur avis sur la répartition de la somme totale entre chacune des élections dont la généralité se composait. D’après leur avis, on expédiait les lettres-patentes pour ordonner la levée de l’impôt. Ces commissions étaient adressées aux intendans, aux trésoriers de France, et aux élus dans chaque élection. Les intendans s’occupaient ensuite de ce qu’on appelait le département, qui consistait à établir la répartition entre les paroisses de chaque élection. Ce travail se faisait de concert avec les officiers de ces tribunaux ; on y formait des tableaux exacts et détaillés de tout ce qui avait rapport aux paroisses d’une même élection. Ils étaient lus en plein département, et après la répartition de la taille, ils étaient signés par l’intendant, le trésorier de France, commissaire pour la taille, les officiers des élections, les subdélégués, les receveurs de tailles, et enfin de tous ceux qui assistaient au département.